Depuis quelques années, le concept de « Serious Game » est de plus en plus présent dans tous les évènements liés au e-learning. Mais est-il réellement nouveau ? Où se trouve la limite entre Jeu Vidéo et Serious Game ? Comment un jeu vidéo peut-il remplir des objectifs pédagogiques ? Autant de questions auxquelles répond Julian Alvarez.
Si le terme Serious Game est récent, sa caractéristique principale qui est de donner une dimension utilitaire à des jeux vidéos existe depuis bien longtemps. Que ce soit dans l’objectif de diffuser un message, dispenser un entraînement ou permettre la collecte de données, les premiers « Retro Serious Games » ont vu le jour dès les années 50 !
Dans une conférence récente, Julian Alvarez met notamment en avant l’utilité d’intégrer un Serious Game dans une stratégie de pédagogie active. Cette forme de pédagogie permet d’apprendre via des essais et erreurs. Une méthode particulièrement bienvenue dans des contextes où il n’est pas possible de se tromper dans le monde réel ! Julian souligne enfin le rôle fondamental du tuteur ou enseignant dans ce type de dispositif, puisqu’il va guider les apprenants dans leurs découvertes et s’assurer que les objectifs pédagogiques ont bien été atteints.
Avec les outils de rapid e-learning, on connaît bien les activités personnalisables de type textes à trous, appariement ou encore QCM. Mais il est plus rare de trouver des exemples adaptés du scrabble, des dominos ou du memory. C’est ce que propose Kubbu.com.
Révélé dans la twittosphère francophone par Romain de Otablo.com, Kubbu ravira tout d’abord les enseignants de part sa simplicité. Après inscription, Kubbu propose 5 modèles de jeux différents prêts à composer :
- Match : appariement (de type domino, paires ou liens).
- Divide : classement (assigner des éléments dans des catégories).
- Slider : question à choix unique présentée à la façon de « Qui veut gagner des millions ? ».
- Composer : permet de créer un quiz sur mesure avec des textes à tous, des QCM…
- Crossword : dérivé du scrabble.
Il suffira ensuite à l’enseignant d’intégrer ses élèves à la manière d’une plateforme LMS simplifiée, puis de suivre les résultats. Il aura en outre la possibilité de donner l’accès aux activités soit en mode practice (nombre de tentatives illimitée), soit en mode exam (une seule tentative).
Depuis ses premiers essais dans les années 60, la synthèse vocale (Text-To-Speech ou TTS en Anglais) s’est considérablement améliorée. Si l’intelligence artificielle de HAL 9000, l’ordinateur de 2001 l’odyssée de l’espace n’a toujours pas vu le jour, sa voix légendaire est désormais aisément reproductible.
Les voix de synthèses actuelles se distinguent toujours par leur sonorité robotique mais se rapprochent de plus en plus de la voix humaine. Des recherches ont même permis d’intégrer de l’émotion dans la voix (joie, tristesse, énervement) et des sons (toux, soupir, respiration) par l’intermédiaire de tags, comme dans cet exemple de Loquendo. Même si les voix de synthèses ne sont pas prêtes d’égaler la qualité de la voix de comédiens en chair et en os, elles peuvent déjà trouver leur place en elearning. Nombre de maquettes, consignes, ou procédures à suivre peuvent déjà utiliser cette technologie sans réduire la qualité de l’apprentissage. Et comme d’habitude, la seule limite est notre créativité. De nombreuses autres utilisations sont possibles comme le montre le site acapela.tv à travers divers exemples de cartes virtuelles.
La pédagogie doit-elle être « Serious » ? Je me rappelle que certains de mes professeurs illustraient leurs cours de caricatures à l’humour corrosif il y a une dizaine d’années. C’était je crois avec succès, puisque je m’en souviens, contrairement à beaucoup d’autres cours.
C’est justement l’humour que je retrouve dans mon coup de cœur du moment, le blog « Tu mourras moins bête » de l’illustratrice Marion Montaigne. Elle y décrypte à sa manière de récentes découvertes scientifiques, souvent piochées dans des grandes revues médicales ou scientifiques. Avec Marion, on est loin du monde lissé et politiquement correct de nos Serious Games actuels. Pourtant son humour inévitablement gore et son style graphique sale captivent et laissent des traces. Or dans la conception pédagogique multimédia, c’est bien notre intention, non ?
Créée par Albert Barillé, la saga « Il était une fois » rencontra un grand succès dans les tubes cathodiques français dès 1978 avec « Il était une fois l’Homme ». Six séries plus tard en 2009 le concept continue avec « Il était une fois notre terre », porté cette fois sur les questions de développement durable.
Artisan et pionnier du ludo-éducatif (un des ancêtres du elearning) Albert Barillé contrôlait tous les aspects de ses productions de l’idée de départ à la post-production. Il en était à la fois auteur, producteur, scénariste, dialoguiste et réalisateur. Distribués via sa société Procidis, les séries « Il était une fois » étaient conçues dans le but de « Donner à nos enfants le désir de savoir, éveiller leur curiosité. Les traiter aussi en personnes à part entière, qui comprennent bien plus que ne le croient les adultes. Vous les fortifierez ainsi et ils vous en sauront gré. ».
Près de 30 ans après, cette série reste un référence.
C’est ce que cherche à savoir les « edublog awards » chaque année depuis 2004. Ce site Web vise à reconnaître les personnalités les plus influentes du elearning. Du blog individuel à la meilleure utilisation de l’audio dans un cours en passant par le tweet le plus influent, 19 catégories permettent de couvrir différents aspects du elearning.
Voici la liste des nominés de cette année, sélectionnés par les internautes.
Conçu pour avoir une portée internationale, la sélection ne concerne cependant que les contenus anglophones. Heureusement une autre initiative du Centre for Learning and Performance Technologies répertorie les professionnels du domaine au niveau mondial y compris en France. L’annuaire compte déjà près de 1200 personnes. Y êtes-vous ?
En évolution permanente, Twitter est pour la plupart d’entre nous un outil difficile à utiliser dans un cadre pédagogique. S’il favorise indéniablement l’apprentissage informel grâce aux échanges qu’il permet entre spécialistes de différents sujets, son utilisation dans un cadre formel est encore inexploitée.
C’est la piste qu’explore Shameer Ayyappan dans le blog officiel de Captivate. Avec un screencast, il montre comment Captivate pourrait intégrer Twitter à l’avenir, par l’intermédiaire d’un Widget. L’objectif serait de laisser à l’apprenant la possibilité de solliciter son tuteur et les autres participants lors d’un apprentissage asynchrone. Cela permettrait notamment de rompre l’isolement de l’apprenant en améliorant la réactivité des réponses à ses questions.
Si la démonstration paraît laborieuse et Twitter peu adapté à l’heure actuelle, le potentiel technologique est bien là et l’utilité semble pertinente d’un point de vue pédagogique. En somme, c’est à chacun d’entre nous de développer de nouvelles manières de concevoir nos modules elearning en utilisant les réseaux sociaux comme Twitter.
Après 2 ans d’existence qui lui ont permis de se développer, babbel dévoile son business model en devenant payant. Sur le blog du site, Markus s’exprime sur les limites de l’Internet gratuit. Il explique plus précisément « qu’ il n’est pas possible de construire des formations en ligne de qualité en vendant en même temps de l’espace publicitaire efficacement. »
L’accès à vos cours d’anglais, d’allemand, d’espagnol, d’italien ou de français se fera donc désormais via un abonnement mensuel entre 4,95€ et 8,95€ selon la durée d’engagement. Côté payant, babbel propose un parcours d’apprentissage progressif dans une approche typiquement elearning asynchrone. Côté gratuit, le site conserve son réseau social d’apprenants, composé de ses nombreux inscrits ( 500.000 inscriptions déjà effectuées). Les apprenants peuvent donc continuer à échanger entre eux en s’improvisant formateur/apprenant ou en gardant simplement contact à la manière des « correspondants étrangers » des débuts de notre scolarité.
Après Weecast, la tendance au elearning B2C payant semble bien engagée. Est-ce le prix à payer pour une formation de qualité ? Un autre modèle est-il possible ? Qu’en pensez-vous ?
Lancé fin octobre par le blog de Skolanet, le recueil de témoignages de « pédago-blogueurs » compte déjà une dizaine d’interviews. Parmi les blogueurs interrogés on trouve des professionnels du elearning issus d’horizons divers. La panel représenté est intéressant et permet de constater que chacun envisage le elearning sous un certain angle, en lien avec son activité. Mais un point commun semble relier tous les « pédago-blogueurs » : le manque de temps pour publier des billets.
Le temps ! En voilà un problème ! A moins que ce ne soit la définition de ses propres priorités ?
Oui parce que du temps, vous en aurez bien besoin si vous voulez lire tous les témoignages des « pédago-blogueurs ». Heureusement, en attendant un billet de synthèse, une série de vidéos reprenant des phrases clés ont été réalisées pour chaque témoignage.
Pour fêter ses 15 ans de présence sur les petits écrans Français, l’équipe de « C’est pas Sorcier » part en tournée à travers la France. Ils seront notamment à Lyon le 25 novembre (d’où ils enregistrent d’ailleurs actuellement l’émission). Les invitations sont sur le blog de l’émission.
Avec des sujets aussi divers que l’astronomie, la nutrition, l’histoire ou la technologie, les trois présentateurs Fred, Jamy et Sabine effectuent un exercice de pédagogie parfaitement maîtrisé.
Ici, pas de multimédia, pas d’interactivité, pas de tutorat. On ne parle pas de LMS et encore moins de SCORM. Mais que c’est efficace ! Malgré des sujets parfois difficiles au premier abord, « l’apprenant-téléspectateur » ne décroche pas l’émission. Et c’est en particulier sur le jeu de rôles très astucieux que repose le rythme de l’émission (Fred ou Sabine vont sur le terrain, Jamy donne les explications et « la petite voix » apporte des informations complémentaires avec humour).
Source intarissable de bonnes idées, « C’est pas Sorcier » est un véritable modèle d’apprentissage «à distance» et « asynchrone » d’avant (et après) le web. Avec un concept bien rodé, chaque émission de 26 minutes est tournée en une journée seulement. Mais derrière la caméra, 30 techniciens travaillent et un journaliste enquête sur le sujet pendant six à huit semaines (source : Metro).
Et pour vous mettre l’eau à la bouche voici un extrait passionnant consacré à l’histoire de Paris :