Musclez votre cerveau en ligne

Face à l’expansion du web, certains comme Don Tapscott, auteur de Wikinomics considèrent l’apprentissage par cœur comme obsolète (voir l’article publié à ce sujet sur ReadWriteWeb). En effet, si le savoir universel se trouve à porté de clic, à quoi bon perdre son temps à accumuler des bribes de connaissance qui seront de toute façon rapidement oubliées ?
Pour Guy Boulet, conseiller en formation, l’apprentissage par cœur s’avère néanmoins indispensable dans certains cas comme par exemple pour des consignes de sécurité ou certaines procédures devant être effectuées en cas d’urgence. Personnellement, je crois que l’apprentissage par cœur a au moins une autre vertu : celle d’entraîner ses capacités cérébrales. Il est d’ailleurs amusant de constater qu’alors que l’apprentissage par cœur paraît has-been, le jeu vidéo « Programme d’entraînement cérébral du Docteur Kawashima : quel âge à votre cerveau ? » réussit l’exploit de se classer au quinzième rang des ventes de jeux vidéo en 2008.
Le jeu vidéo réussi donc à susciter l’envie d’utiliser ses capacités cérébrales, là où des méthodes traditionnelles échouent. Autre exemple qui va encore plus loin : celui de Geo Challenge. Il s’agit d’un jeu vidéo (gratuit) qui exploite les possibilités du réseau social Facebook. L’application propose d’associer des drapeaux, cartes, photos, et noms de villes à des pays. A priori rien de révolutionnaire, l’intérêt majeur est ailleurs. Plus le joueur effectue les associations rapidement et correctement, plus il obtient de points. Les participants « amis » sur Facebook sont ainsi mis en concurrence et le jeu se transforme vite en véritable compétition.
Profitant des fêtes de fin d’année, j’ai testé l’application avec Wikipédia en support. J’ai ainsi appris énormément de choses sur la géographie avec un zèle qu’aucun de mes anciens professeurs n’auraient pu imaginer. Mon implication pour gagner dans Geo Challenge fut en effet proportionnellement inversée à la mauvaise volonté dont je faisais preuve lorsqu’il s’agissait d’apprendre les règles de conjugaison ou pire, les tables de multiplication.
Certes, Geo Challenge reste un jeu et ne se targe pas d’être une méthode pédagogique, mais le pas pourrait vite être franchi. Le résultat, lui est là : passer des heures à jouer peut s’avérer bien plus efficace que de les passer à apprendre par coeur. Il ne reste « plus qu’à » utiliser l’attractivité des jeux vidéos et les possibilités d’Internet au service d’objectifs pédagogiques. Et peut-être qu’un jour, un tournois sur Geo Challenge sera inscrit dans les cahiers de devoirs à la place du bachotage de la page n°187 du manuel de géographie.
Tags: apprendre par coeur, bachoter, cerveau, jeux vidéo, ludique
Posted janvier 3, 2009 by jerome under Innovations


janvier 4th, 2009 at 18:05
À propos de Geochallenge (dont le jeu des drapeaux me déprime à chaque tentative – c’est terrible lorsque l’on est daltonien), j’ai testé une application du même éditeur sur Facebook : Who has the biggest brain ? C’est un jeu de réflexion qui fait appel à l’observation, la mémoire, la réflexion, le calcul. Très addictif lui aussi !
janvier 5th, 2009 at 11:54
@F. Gély
Bonjour et merci de votre commentaire. Vous avez cité le jeu « Who has the biggest brain ? », qui effectivement est très intéressant. Il l’est peut être même plus que « Geo Challenge » dans la mesure où il ne fait pas appel qu’à la mémorisation. Je citai dans ce billet l’apprentissage difficile des tables de multiplication. Il me parait évident qu’un tel jeu ne peut que faciliter cet apprentissage.
janvier 22nd, 2009 at 16:46
[...] D’un côté, la compétition peut être un levier de motivation redoutablement efficace (voir le précédent billet sur le jeu Geo Challenge). D’un autre, elle pose l’éminent problème du devenir des perdants. En effet, ne risquent [...]